fbpx

Depuis le printemps, les débats sur le bonheur au travail sont très animés, nourris notamment par les livres Happycratie et La comédie inhumaine. Dans cette tribune, parole à ceux qui croient en l’inspiration et la vertu de viser l’épanouissement des femmes et des hommes au travail. Tour d’horizon en 10 arguments, preuves à l’appui.

1/ Argument humaniste

Favoriser le bonheur au travail est possible et au bénéfice des femmes et des hommes.

Preuve : le bonheur est une aspiration humaine fondamentale. Il peut aussi servir de cap ou de visée positive dans le monde de travail. Il est même possible mais encore mal partagé : d’après le Baromètre national du bonheur au travail, seulement 4% des répondants ont un indice global de bonheur au travail entre 8 et 10.

2/ Argument philosophique

Le bonheur au travail n’est pas une injonction mais tout au contraire un accroissement de la liberté.

Preuve 1 : pour le sociologue Gollac, l’une des 6 grandes causes de stress est l’exigence émotionnelle, c’est à dire l’obligation de porter un “masque” au travail. Le bonheur au travail passe au contraire par une liberté émotionnelle. Ce n’est ni une norme ni une une injonction.
Preuve 2 : l’épanouissement professionnel passe par un accroissement de son autonomie et de sa liberté d’agir dans son travail. Ainsi, chez Officience, chacun est libre de décider sans entrave hiérarchique pourvu qu’il sollicite l’avis des personnes impactées et des experts.

3/ Argument éthique

Le bonheur au travail dépasse l’individu, il est un enjeu collectif et une coresponsabilité.

Preuve : la responsabilité est partagée entre organisation, managers et collaborateurs. Chez Identicar, les salariés se saisissent de deux jours libérés par mois pour mener spontanément des initiatives en faveur de l’épanouissement. Chez ARaymond, les managers apprennent à être des “leaders serviteurs” de leurs salariés. Chez Alenvi, l’organisation s’appuie sur une gouvernance par unités autonomes d’une dizaine d’ ”auxiliaires d’envie” rassemblés autour d’une vision : autant pour les collaborateurs que pour les bénéficiaires, “être en vie, c’est avoir envie”.

4/ Argument scientifique

Le bonheur au travail est un concept scientifique global qui peut transformer l’organisation en profondeur.

Preuve : l’OCDE définit le bonheur comme émotionnel, évaluatif et aspirationnel. Pour la Fabrique Spinoza, afin de le favoriser, une gamme large de 12 leviers transformationnels, dont ceux de la qualité de vie au travail, sont à activer : rémunération, perspectives, management, gouvernance, cadre de travail, sécurité, relation au temps, relations humaines, équilibre vie privée – vie pro, éthique, nature du travail, organisation.

5/ Argument pratique 1

Il existe un grand nombre de pratiques concrètes favorisant le bonheur au travail.

Preuve : s’inspirant de la biologie et de la taille probable optimale pour les groupes humains, l’entreprise Gore a décidé de s’organiser en unités opérationnelles de 150 personnes, recréant ainsi confiance, convivialité, fluidité, innovation et épanouissement.

6/ Argument pratique 2

Il existe une grande variété d’approches de transformation vers le bonheur au travail.

Preuve : pour le Groupe Hervé, valeurs, savoir-être et coaching permettent aux individus de grandir et de se transformer. Pour une filiale d’Orange, la transformation passe par un diagnostic et des plans d’actions développés et appropriés localement. Pour Identicar, des communautés agissantes et spontanées transforment l’entreprise de manière organique.

7/ Argument pédagogique

Les outils et approches favorisant le bonheur au travail s’apprennent.

Preuve : chaque année, il existe une “Université du bonheur au travail” qui transmet en trois jours de formation des outils opérationnels et concrets de transformation afin de …

LIRE LA SUITE DE L’ARTICLE