Sous l’eau dans vos dossiers, au bout du rouleau… L’épuisement et le surmenage au travail peuvent être des symptômes d’un burn-out. ‘’Mal du siècle’’ pour certains, le burn-out n’est toujours pas reconnu comme maladie professionnelle. Inscrit depuis peu dans la loi, le droit à la déconnexion peut-il être une bouée de secours ?

Avec des mails professionnels accessibles depuis son smartphone, difficile de décrocher parfois…

Si pour certains, les échanges facilités par le tout digital augmentent leur productivité, pour d’autres, cela peut devenir un cauchemar et conduire au burn-out. Ce syndrome d’épuisement professionnel se traduit par un épuisement physique, émotionnel et mental. Un trouble qui résulte d’un investissement prolongé dans des situations de travail exigeantes sur le plan émotionnel ; un surmenage qui se poursuit même au-delà du lieu du travail et qui aggrave le stress. Les cas les plus graves peuvent conduire à un arrêt de travail.
C’est ce qui est arrivé par exemple à Karim, chef de projet dans l’informatique. Ce cadre quadragénaire, salarié dans une ESN internationale depuis seulement un an et demi, a déjà été arrêté à plusieurs reprises. « Cela fait 3 mois que je ne vais plus du tout au bureau, explique-t-il. Je me sentais mal, mais je ne pensais pas du tout être en burn-out ! C’est mon médecin qui l’a diagnostiqué. Je n’avais plus envie de me lever le matin, plus envie de supporter la pression de ma hiérarchie… »

 

Prévenir et guérir

Du cadre, au salarié et sans épargner l’indépendant, personne n’est immunisé. Dans son ouvrage « Se protéger contre le burn-out », l’auteure Chantal Rens propose un test simple afin d’identifier les symptômes et distille une série des conseils à mettre en place. Un des premiers est bien sûr d’identifier d’où vient son mal-être. « Sur votre lieu de travail, interrogez-vous : suis-je tendu, fatigué, où ai-je mal ? », préconise Chantal Rens. Contrairement à une dépression qui apparaît petit à petit, le burn-out peut surgir brutalement. « Des signes annonciateurs peuvent toutefois vous alerter : réveils matinaux difficiles, tensions physiques au niveau du dos et des cervicales, sautes d’humeur, difficulté à gérer son temps, etc. » 
Après avoir repéré les signes de ce mal-être, il est encore temps de se prendre en main. Se ménager et en parler autour de soi (collègue, famille…) peut être utile. Comme Karim, consulter un médecin serrait aussi d’un grand secours.

 

Déconnectez-vous !

Pour éviter le burn-out,  « n’apportez surtout pas de travail chez-vous », insiste Chantal Rens. Il est essentiel d’instaurer une limite entre le travail et la vie de famille. Avec les outils numériques, les sollicitations professionnelles en dehors des heures de travail (soirs, week-ends et congés) ont dépassé cette frontière. 3 cadres sur 4 consultent aujourd’hui leurs communications professionnelles hors temps de travail habituel, d’après une étude IFOP-Securex réalisée en 2017. Quand la charge de travail s’invite chez vous, il faut donc savoir se protéger.

Et pour ce faire, la loi a essayé d’encadrer les pratiques. Le droit à la déconnexion est mentionné dans l’article 55 de la loi Travail, adoptée en juillet 2016. Ce texte prévoit l’obligation pour les entreprises de plus de 50 salariés de négocier avec les partenaires sociaux des « dispositifs de régulation de l’utilisation des outils numériques, en vue d’assurer le respect des temps de repos et de congé, ainsi que de la vie personnelle et familiale ». Concrètement, les salariés ont le droit de ne pas répondre à leurs courriels professionnels et de ne pas être contacté par leur employeur en dehors de leur temps de travail. Mais difficile de se couper totalement de son job, d’autant que certains postes exigent une joignabilité permanente.

 

Burn-out : maladie professionnelle ?

Au-delà de l’épuisement, le burn-out plonge certains dans une véritable dépression« d’autres deviennent même violents », alerte Chantal Rens. Sur les 626 000 accidents du travail comptabilisés en 2016, plus de 10 000 cas ont été reconnus en tant qu' »affections psychiques « , selon une étude de l’Assurance maladie. L’épuisement professionnel n’en fait pas partie officiellement. La reconnaissance du burn-out comme maladie professionnelle – et donc …

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