Pour encourager les étudiants à entreprendre, une série de mesures vient d’être dévoilée, comme la délivrance de crédits ECTS ou la gratification si vous effectuez un stage dans votre entreprise. L’Etudiant fait le point.

« 100 % des étudiants doivent être sensibilisés à l’entrepreneuriat ! » Frédérique Vidal veut susciter plus de vocations d’entrepreneurs. Le 2 mai 2019, à Lyon, la ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation a présenté son plan pour développer « l’esprit d’entreprendre ». L’Etudiant a repéré les mesures qui devraient vous faciliter la vie si vous vous lancez dans un projet de création d’entreprise en parallèle de vos études.

Un statut plus facile à décrocher

Créé en 2014, le statut national d’étudiant-entrepreneur a été calqué sur celui des étudiants athlètes de haut niveau : il vous permet de bénéficier d’aménagements de scolarité pour pouvoir conduire votre projet entrepreneurial en même temps que vos études. Vous pouvez même substituer votre projet à votre stage de fin de cursus. Et si vous êtes jeune diplômé, vous pouvez conserver ce statut et garder le bénéfice des bourses sur critères sociaux que vous touchiez. 

Plus de 8.000 étudiants ont bénéficié du dispositif depuis sa création. Mais jusqu’à présent, les critères d’attribution du statut variaient selon les établissements et, face au nombre de demandes, certains organismes étaient engorgés. Des étudiants avec un bon projet n’y avaient pas accès. Les critères de sélection vont donc être revus et homogénéisés au niveau national afin que davantage d’étudiants puissent en bénéficier.

Un diplôme mieux reconnu par les professionnels

Le D2E (diplôme d’étudiant-entrepreneur) est un diplôme universitaire créé en 2015. Ce diplôme d’établissement est proposé à tous les étudiants et jeunes diplômés qui veulent se lancer dans l’entrepreneuriat. Bien pratique pour sécuriser son projet. Mais le D2E est mal valorisé par le milieu professionnel. Pour améliorer sa reconnaissance, le D2E sera inscrit d’ici six mois à un an au RNCP (Répertoire national des certifications professionnelles). « Adosser le diplôme d’étudiant entrepreneur à un référentiel de compétences permettra de certifier que l’étudiant possède un socle de compétences », commente Frédérique Vidal. Au total, même si vous n’aboutissez pas dans votre création de start-up, vous pourrez valoriser l’expertise développée lors de ce projet dans vos entretiens de recrutement pour vous faire embaucher.

Une gratification pour les boursiers qui créent

« J’aimerais faire mon stage de fin d’études dans l’entreprise que je suis en train de créer. Mais je vais devoir renoncer à plus de 3.000 € de gratification que toucheront mes camarades de promotion durant leurs six mois de stage en entreprise », déplore Antoine, en seconde année d’études à Télécom Saint-Étienne.

La gratification de stage – obligatoire quand celui-ci dure plus de deux mois – s’élève au minimum à 506 € par mois. Pour éviter cette discrimination qui frappe les étudiants modestes qui entreprennent, la ministre a annoncé une gratification compensant l’indemnité de stage pour les boursiers qui optent pour une période de professionnalisation sur leur projet d’entrepreneuriat à la place du stage.

Valider des crédits ECTS tout en entreprenant

Le plan sur l’esprit d’entreprendre prévoit de développer des semestres « entrepreneuriat ». L’idée ? Que vous puissiez passer un semestre à développer votre start-up tout en validant des crédits ECTS et en bénéficiant d’un accueil et d’un suivi personnalisé. Plus largement, le plan prévoit de développer davantage l’offre de formation à l’entrepreneuriat dans l’enseignement supérieur.

 

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